
Pourquoi
tant de couples divorcent-ils ? Comment expliquer ce taux effarant
de suicides et ces cas, encore plus nombreux, de dépression
et de surmenage professionnel ?
Bref pourquoi toute cette souffrance ?
J'ai
rencontré dernièrement un individu qui s'est penché sur ces
questions fondamentales en y apportant un éclairage nouveau.
Et si notre regard polarisé de la vie, nos dualités intérieures
étaient à l'origine de notre " mal être " ? De quoi
bousculer passablement notre conception du monde...
PAR MARIE-JOSÉE TURCOTTE
Si
vous pensez que vous avez des choix à faire, c'est que
vous ne voyez pas suffisamment clair », m'a t-il dit d'entrée
en jeu. Les dés étaient jetés. «
Comment ça? », ai-je demandé, interloquée
devant des propos aussi déroutants. De tous temps, ne
m'avait-on pas appris que, dans la vie, nous avons toujours
le choix et qu'il n'en tient qu'à nous de faire le bon.
Et voilà que mon interlocuteur affirmait sans ambages
le contraire. Puis, il en remit en ajoutant que le fait d'avoir
l'illusion de penser que nous avons des choix à faire
est à l'origine de nos doutes, de nos peurs et, ultimement,
de notre souffrance. Ma curiosité étant piquée,
j'ai voulu en savoir davantage. C'est à ce moment-là
que l'aventure a débuté et que j'ai été
amenée à observer la réalité selon
une perspective totalement différente de celle à
laquelle j'étais habituée.

Regarder
sa vie à travers un filtre
Avez-vous l'étrange impression d'être parfois,
et même souvent, à la merci de vos humeurs ou des
événements? Avez-vous la sensation de subir votre
vie au lieu de la créer et de la gérer, et cela,
malgré toutes vos tentatives, tous vos efforts pour demeurer
stable et positif? Si oui, vous regardez vraisemblablement la
vie selon une perspective qui est polarisée, explique
Charles Sabourin, qui précise que la grande majorité
des êtres humains vivent actuellement de cette façon.
Créateur
d'une approche qu'il désigne sous le nom de "psychologie
alternative" (et qui fait référence à
cette perspective polarisée au-delà de laquelle
nous en arriverions à percevoir la réalité),
il nous entraîne sur une piste totalement nouvelle, en
nous encourageant à voir au-delà de ces vieux
mécanismes primaires qui nous incitent à percevoir
le monde en noir et blanc et à tout classifier en deux
catégories. D'un côté le positif, les gentils,
ce qui est bien, ce que nous aimons; de l'autre, le négatif,
les méchants, ce qui est mal, ce que nous détestons.
Pas d'entre deux, aucune zone grise... « Ne nous demandons
plus pourquoi les guerres sont si fréquentes! Les conflits
entre pays ne sont que le reflet de nos polarités intérieures»,
poursuit Charles Sabourin. Pourquoi le nombre de divorces ne
cesse-il d'augmenter?, questionne-t-il.
Plus
vous placez une personne sur un piédestal, plus vous
êtes déçu lorsque vous découvrez
ses imperfections et ses faiblesses ». Autrement dit,
plus vous polarisez positivement une personne, un objet, votre
travail, plus vous êtes susceptible de polariser très
négativement lorsque survient le moindre petit accrochage.
Le conjoint idéal devient égoïste, l'ami
compréhensif se transforme en sans-cœur, le patron
généreux, en tyran, etc. Triste constat : «
Aucune relation n'a beaucoup de chances de survivre sans passer
par la panoplie éternelle des hauts et des bas "d'amour"
et de "haine" dans un tel système »,
conclut-il. Tôt ou tard, cette approche primitive de la
vie finit par vous englober totalement et tous les événements
perçus comme étant négatifs deviennent
des épreuves insurmontables.
Pourquoi
autant d'individus souffrent-ils de dépression, questionne-t-il
encore. Pour étayer son point de vue, il relate le cas
de cette femme d'affaires ambitieuse et vive d'esprit, qui sombra
pourtant dans une profonde dépression le jour où
elle vécut une déception sur le plan professionnel.
« Cette femme vivait sa vie comme un mouvement de balancier
», relate-t-il. Lorsque tout allait bien, elle était
animée d'une énergie débordante. Le revers
de cette situation, c'est que le moindre grain de sable dans
l'engrenage devenait extrêmement éprouvant et entraînait
une foule d'émotions : colère, frustration, doute,
peur, découragement,... » Qui d'entre-nous ne se
reconnaît pas, du moins en partie, dans cet exemple? C'est
ce qui fait dire à Charles que l'être humain regarde
sa vie à travers le filtre de son regard polarisé,
et que cette conscience dualiste qui, autrefois, a servi au
développement d'une partie de son humanité, et
qui lui a fait transcender une partie de sa conscience animale,
joue aujourd'hui contre lui! « Tout, autour de nous, conspire
(en toute inconscience, la plupart du temps) pour nous faire
croire que le monde est ainsi fait et que nous devons nous résoudre
à fonctionner de cette façon. Mais ceci n'est
pas réel!, assure-t-il. Il existe une réalité
supérieure qui permet d'être en contact avec l'essence
même de la vie et d'acquérir cette liberté,
ce bien-être permanent auquel nous aspirons tous, et auquel
nous avons droit! »
La question devient alors : comment transcender cette perspective
dualiste, puisque celle-ci aujourd'hui, nous freine au lieu
de nous aider? « En vivant selon les lois qui régissent
le monde matériel et le monde invisible », répond-il.
Faites
circuler l'énergie!
Charles Sabourin n'invente rien de nouveau en proclamant que
l'être humain est à la recherche d'un seul et unique
but : faire circuler l'énergie de façon absolue.
Là où l'idée est nouvelle, et là
où réside le principal défi, par ailleurs,
est d'arriver à gérer ce flot d'énergie
en dehors des polarités positives et négatives.
« Des tas d'événements vous mettent en vibration
dans une même journée, explique-t-il. Un client
vous engueule, votre ex-conjoint a "oublié"
de poster le chèque de la pension alimentaire et votre
petit dernier vous rapporte un bulletin fabuleux.
Réactions
spontanées : vous passez de la culpabilité, à
la colère, puis de la frustration à la joie. Trimballé
"émotivement" comme sur un cheval fou, ne vous
étonnez pas d'arriver à la fin de votre journée
les batteries complètement à plat! Pourtant, si
vous appreniez à gérer l'énergie que ces
événements provoquent, au-delà des étiquettes
positives ou négatives de votre perspective polarisée,
simplement en apprenant à utiliser l'énergie qui
est là et qui ne demande qu'à circuler librement,
vous constateriez que toute situation, qu'elle soit grave ou
bénigne, est en fait une opportunité créative.
Dans ses ateliers, Charles aide les gens à être
à l'écoute dans l'instant présent, de ce
qui se passe en eux, à voir, avant tout, les événements
sur le plan de l'énergie, à contenir, à
émettre cette énergie au moment propice et dans
une forme adéquate, synchronisée avec la réalité
de ce qui se passe et de ce fait, commencer à gérer
sa vie. Il n'est pas question ici de nier l'existence des émotions,
bien au contraire, mais de savoir d'où elles proviennent,
de quoi elles sont faites, comment elles ont été
créées, et comment nous les subissons. Apprendre
à reconnaître de quelle façon l'énergie
créée par vos réactions émotives
peut vous servir au lieu de vous nuire. Dans certaines occasions,
explique C. Sabourin, donner libre cours à votre colère
peut contribuer à exacerber une situation déjà
fort délicate. Il devient alors nécessaire de
contenir cette énergie, de s'en servir d'une façon
plus créative. Il n'en tient qu'à vous! »
Mais, de prime abord, l'individu doit devenir pleinement conscient
des rouages de cette conscience dualiste en lui, qui requiert
au début, d'être très vigilant, pour éviter
d'être à nouveau "englobé" par
cette façon dualiste de regarder la vie, qui revient
constamment nous flirter. «S'il est réellement
à l'écoute, poursuit-t-il, l'individu réalisera
que le fait de regarder premièrement à partir
du plan de l'énergie lui indiquera toujours ce qu'il
doit faire et comment il doit le faire. Il suffit de sortir
quelque peu du sommeil de votre conscience polarisée
et de commencer à neutraliser la tendance que vous avez
de regarder les choses de cette façon pour commencer
à en être automatiquement conscient! Tôt
ou tard vous n’aurez pas le choix! »
Nous
y voilà donc, à cette fameuse notion de choix...
Le
choix : une illusion ?
«
Lorsque vous croyez avoir le choix entre deux ou plusieurs solutions,
c'est que vous ne savez pas lire de façon claire dans
les événements », reprend Charles Sabourin.
Par exemple, supposons que vous hésitez entre deux propositions
d'emploi. Vous avez beau analyser les "pour" et les
"contre", vous ne parvenez pas à vous décider.
Normal, puisque vous examinez la situation d'un point de vue
psychologique, c'est-à-dire à travers vos désirs
ou vos répulsions, qui sont basés sur votre perception
dualiste des points positifs et des points négatifs.
Les polarités, selon Charles, ne nous aident jamais à
voir clair dans une situation. La seule question devrait, en
réalité, être celle-ci : lequel de ces deux
emplois répond à votre intérêt vital,
qui est celui de créer, d'évoluer, de faire circuler
librement votre énergie? « À cette question,
la réponse devient claire; il n'y a pas de choix à
faire; une décision s'impose de façon naturelle
et non équivoque.» Même chose du côté
des relations amoureuses : « La plupart des gens choisissent
leur partenaire de vie en répondant à un désir
psychologique; ils magnétisent la forme de façon
positive, la beauté physique, la personnalité,
etc. Or, tôt ou tard, le corps change, la beauté
s'étiole et la personnalité se transforme; conséquemment,
le désir s'évapore et les divorces arrivent en
sourdine. Si vous appreniez à regarder en dehors des
polarités, vous sauriez quel partenaire vous convient
réellement; vous n'auriez pas le choix et cela éviterait
bien des déceptions! »
En définitive, c'est l'illusion du choix qui provoque
le doute et la peur, qui vous maintient dans l'inertie et qui
bloque l'énergie. Qui plus est lorsqu'il devient clair
que vous n'avez pas le choix de répondre à votre
intérêt vital, cela vous insuffle l'énergie
et la puissance nécessaire pour accomplir ce qui doit
être fait.»
Guide
de survie dans un monde polarisé
Malheureusement,
ne se départit pas de sa conscience dualiste qui veut.
« Beaucoup de gens savent de façon psychologique
et rationnelle que quelque chose cloche dans notre mode de pensée
actuel. Les guerres, les divorces, les dépressions et
j'en passe! ». Pourquoi, malgré tous nos efforts,
ne parvenons-nous pas à nous libérer de notre
souffrance? Nous sentons qu'une pression s'exerce afin de nous
maintenir dans le doute et la peur, dans le tourbillon de nos
émotions. Nous pressentons qu'il est possible de vivre
autrement, d'arrêter de subir la vie, de la créer
au lieu de jouer à la victime. Mais tant et aussi longtemps
que nous demeurons dans le cercle vicieux de nos polarités,
nous ne pouvons percevoir clairement ce qui se passe dans notre
vie. Pour sortir de ces polarités, pour acquérir
cette liberté si chère à nos yeux et devenir
pleinement autonome, nous devons faire un saut dans le vide
d'une autre façon de voir, d'apprendre à vivre
sans nos références psychologiques habituelles.
C'est insécurisant, certes, et c'est pourquoi un tel
saut ne peut habituellement se faire seul, mais bien en compagnie
d'une personne qui est parvenue à transcender sa propre
conscience dualiste. « Il en va de votre intérêt
vital individuel et collectif! Vous n’aurez accès
à cette réalité qu’en neutralisant
en vous ce qui vous empêche d'y accéder »,
conclut celui qui actualise présentement cette conscience
de demain.
MJT____________________