Tant que l’ego est polarisé, tout ce qu’il croit être sa pensée est le fruit des filtres de la programmation qui l’occupe. Il est colocataire et il ne s’en rend même pas compte, car il n’a pas conscience qu’il est cohabité. Ce colocataire, cette programmation qui agit à son insu, ne paie jamais pour l’espace qu’il occupe : c’est toujours l’ego qui en fait les frais. En d’autres mots, c’est toujours l’ego qui paie la note finale, qui est en fin de compte sa souffrance. Ce colocataire, que l’ego n’a pas invité, s’est infiltré de manière insidieuse bien avant que l’ego ait une petite idée de sa propre existence.
L’ego finit toujours par en subir les conséquences, c’est-à-dire que c’est toujours lui qui subit l’amplification qu’il appelle ses émotions et qui finalement crée sa souffrance de toutes pièces. En réalité, c’est toujours la programmation qui est la source de l’amplification et qui domine l’ego, surtout à cause du fait qu’il en ignore la présence, la puissance et les effets secondaires.
Dupé par son lien émotionnel excessif avec la masse collective inconsciente et polarisée, l’ego est totalement voilé par cette influence et ne peut s’imaginer qu’il est squatté par cette programmation. Il pense que tout ceci lui appartient, mais il n’en connaît aucunement l’essence ou la provenance.
L’ego, squatté à son insu par cette programmation qui l’habite, ne peut s’imaginer ne pas être la source de ses pensées. Il ne peut aucunement percevoir qu’il est dupé et arnaqué par un parasite programmé par l’humanité qui l’a précédée. Plus il est érudit et qu’il a accumulé de la connaissance, plus il est dupe que la pensée qui lui trotte dans la tête lui appartient. Il regarde ce qui le squatte droit dans les yeux et ne peut en reconnaître la nature, car il croit voir dans ce miroir la réflexion de ce qu’il est. L’effet de l’arnaque est alors complet et l’ego absolument dupé en paye inexorablement le prix.
La connaissance que ce n’est pas l’ego qui pense, c’est une chose. C’est une autre chose que d’en reconnaître la source, la mécanique et surtout, la nature des jeux de miroirs subtils et trompe-l'œil créés de toutes pièces par une programmation, qui depuis les temps les plus reculés, le viole et l’envahit constamment dans son espace.