L’ego toujours l’ego
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D’après les grandes théories spirituelles populaires, l’ego est le grand coupable d’à peu près tous les maux. D’après ces théories, l’ego doit être éliminé, anéanti, et ne plus jamais refaire surface. Mais en fait, que resterait-il, si par chance, ces théories spirituelles réussissaient à éliminer l’ego?
Pas grand chose, mis à part s’accrocher après un clou, comme la plupart des soi-disant grands mystiques de ce monde.
Et si ce n’était pas l’ego qui était en faute, qu’il fallait plutôt éliminer ce qui entoure celui-ci, ce qui le chevauche, l’englobe et le maintient inconscient?
Plus l’ego est fort en vibration, c’est-à-dire, plus il a de la capacité à vibrer, plus il dérange, incommode et irrite les autres ego inconscients.
Si l’ego n’est pas ajusté, c’est encore pire. Par contre, ce qui le rend insupportable ce n’est pas sa capacité de vibrer, mais plutôt les filtres qui l’entourent, qui l’englobent complètement et qui lui empêchent de voir ses intérêts réels.
L’ego ainsi dupé, est plus ou moins en mesure d’intervenir dans les automatismes de la mémoire karmique qui le chevauche. Cette robotisation inconsciente de l’ego, totalement sous l’influence d’automatismes involutifs, l’emprisonne à un tel point qu’il ne peut faire la différence entre son identité réelle et l’identité mémorielle, léguée et héritée de son environnement, et qu’il croit être la sienne.
En fait, l’ego psychologique polarisé est totalement sous humain, c’est-à-dire, qu’il n’a pas encore fini de franchir le seuil de son expérience humaine. Coincé et maintenu prisonnier entre le mur de son ignorance et la tapisserie karmique et mémorielle qui le chevauche, la seule conscience qu’il croit connaître est la conscience polarisée qui l’habite. Il croit à tort que son ego est le grand coupable de tous ses déboires, quand en fait, ce qui le maintient prisonnier et perpétuellement sous humain, est ce qui lui fait croire que c’est lui qui chevauche et non qu’il est le chevauché.
L’ego n’a pas réellement conscience de ce qu’il est, tant et aussi longtemps qu’il ne réalise pas l’ampleur de l’arnaque dont il est victime et tant qu’il ne réalise pas que ce n’est pas lui qui est le problème, mais plutôt le fait qu’il se laisse chevaucher, ignorant que tout ceci ne lui appartient pas.
L’ego, un jour, doit en arriver à mettre un terme à sa tendance infantile d’être un petit voleur qui s’entête à s’approprier de la connaissance et penser qu’il peut ainsi évoluer. En fait, il ne fait que nourrir ce qui l’empêche de franchir le seuil de son ignorance. Tant que l’ego n’a pas réalisé ceci, il demeurera impuissant à neutraliser ce qui l’empêche d’évoluer réellement, c'est-à-dire qu’il demeurera inapte à commencer à vivre l’expérience de son identité réelle.
Charles Sabourin
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