Le paradoxe involutif
_________________________________
Il est étonnant de constater jusqu’à quel point l’ego inconscient résiste à sa propre libération. Il ne voit pas qu’il s’autoemprisonne, qu’il crée ses propres limites, ses propres murs. Comme s’il ne pouvait pas être en mesure de voir, comme dans un angle mort.
Il est également ahurissant de voir à quel point il est dupe du jeu de la programmation qui le chevauche. Constamment arnaqué à son insu, il se croit en mesure de savoir ce qui se passe en lui à tout moment.
L’ego involutif doit savoir une fois pour toutes qu’il n’est pas maître chez lui. Qu’il est lui-même, potentiellement son pire ennemi, c’est-à-dire, qu’il doit réaliser à quel point il est dans l’ignorance de ce qui le manipule.
Tant et aussi longtemps qu’il ne réalise pas la manipulation constante dont il est l’objet, à travers sa pensée et par ricochet, ses émotions, il ne peut commencer à réellement évoluer.
L’ego doit réaliser qu’il est constamment violé dans son essence par une programmation qui polarise sa pensée. Il doit réaliser qu’il est constamment voilé par celle-ci. Cette prise de conscience primordiale est absolument nécessaire pour qu’il puisse commencer à voir les fils subtils par lesquels il est manœuvré tel un cheval parfaitement attelé et dirigé par la programmation qui le chevauche.
Il doit, en fait être prêt pour cette libération. Il est tenu premièrement d’en avoir ras-le-bol de toutes ses tentatives de réalisation qui ont vu le jour en lui, et qui par la suite se sont éteintes tel un couché de soleil, graduellement mais définitivement.
Pour un ego qui est manipulé de la sorte, qui est enfermé dans ce cercle vicieux, c’est comme tenter de tirer de l’eau d’un caillou, peine perdue, mission impossible.
L’ego doit d’abord expérimenter le labyrinthe de ce qu’il croit être sa pensée et souffrir de l’initiation de ses multiples tentatives de libération, pour être en mesure d’être enfin prêt pour le saut quantique qui le propulsera dans l’expérience métaconsciente.
Il doit être prêt à saisir l’essence de ce qui le tient prisonnier avant d’être en mesure de commencer à s’en libérer.
Constamment prisonnier du temps, il est toujours pressé de s’en libérer. Recherchant toujours une solution rapide à travers des « outils » qu’il pense, peuvent lui donner une hyperconscience instantanée!
L’anomalie du siècle; c’est le je suis pressé; insuffisamment intelligent de ce qui l’englobe, il tente par tous les moyens d’escalader le mur de son inconscience qui s’élargit et qui grandit au fur et à mesure qu’il essaie d’en gravir la surface.
L’ego, complètement aveuglé par la pensée polarisée qui résonne en lui, y croit à un point tel qu’il s’en pense le créateur.
L’arnaque est parfaite; l’ego pensant qu’il gère sa pensée, qu’il en est le créateur, l’avale d’un trait sans douter, ni de son origine, ni de sa qualité.
Le drame c’est que lorsque d’autres individus essaient de lui faire prendre conscience d’une autre réalité que de celle dont il pense, il la refuse d’emblée, sans discernement parce qu’elle ne cadre pas dans les formes qui meublent constamment son mental.
L’angle mort est total et le maintient dans le paradoxe involutif qui construit sa prison, c’est-à-dire que l’ego s’autocensure et se maintient lui-même prisonnier des formes, sans savoir que ce sont de celles-ci qu’il doit se libérer.
Charles Sabourin © 1998/2008