La responsabilité egoique
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L’idée, c’est de prendre la responsabilité de ce qui nous arrive. Si on attend de comprendre pourquoi, comment, ça nous arrive, nous allons attendre longtemps!
Sans compter toutes les interprétations psychologiques.
Nous avons mieux à faire que de s’acharner sur la soi-disant « bad luck » qui peut nous arriver dans notre vie. Dans ce sens, que la chance n’existe pas pour l’être qui en prend la responsabilité! Elle n’existe que pour celui qui ne la prend pas…mais hélas il y a pour lui, aussi, la malchance.
Mais personne ne veut la prendre, nous cherchons toujours des excuses et des moyens pour ne pas l’accepter. S’individualiser implique d’accepter cette responsabilité!
C’est à partir de ce point que naît l’énergie de notre volonté réelle. S’individualiser implique implicitement la prise en charge de cette responsabilité.
La prise de conscience de cette responsabilité est l’outil primordial dans la création de notre destinée. D’ailleurs, la seule façon de se soustraire du poids karmique est justement sa prise en charge par l’ego. Sinon elle devient conditionnelle et nous savons très bien ce que cela entraîne. Cette prise en charge ne peut être conditionnelle, parce qu’elle ne pourrait être utilisée, elle laisserait trop d’espace pour l’imprévu, pour l’improbable, l’imprévisible, donc à la chance.
Prendre en charge cette responsabilité nous emmène paradoxalement, justement à travailler avec l’imprévisibilité de la vie. Mais nous devons en premier lieu, pour être en mesure de l’utiliser, assumer cette responsabilité.
L’ego polarisé veut justement tout prévoir, quand il n’y arrive pas, il est toujours pris au dépourvu.
L’ego dépolarisé n’a pas d’intérêt à tout prévoir, il sait s’adapter au moment présent, c’est à dire, qu’il a la capacité, à cause qu’il a su se responsabiliser, de travailler avec, d’utiliser l’imprévu à son avantage. En fait, il sait qu’il est dans une direction créative, quand il ne peut prévoir ce qui va arriver, mais, il peut en sentir la direction. Il se complaît dans l’imprévisible en autant qu’il peut l’utiliser. S’il ne le peut, il sait qu’il fait fausse route.
Évoluer à une métaconscience, se dépolariser, implique justement cette prise de responsabilité. Sans celle-ci, nous ne pouvons commencer le processus nécessaire pour nous permettre de commencer à réellement évoluer.
C’est pour cette raison qu’il est si difficile de transmuter d’une conscience à une autre, qu’il y à tant de résistance à travers la croyance, etc. De transmuter notre espace mental, à un espace dépolarisé requiert une diminution substantielle de la résistance à exécuter cette transmutation. Prendre cette responsabilité aide à neutraliser cette résistance.
Tant que nous avons tendance à regarder de façon positive ou négative ce qui nous arrive, nous n’avons pas le pouvoir de nous prendre en main, nous ne pouvons prendre cette responsabilité.
De savoir que l’on doit absolument se protéger, implique justement cette prise de responsabilité, ne pas prendre de chance, d’être plus présent aux dangers, etc.
Tout ce qui nous arrive ou qui ne nous arrive pas, dans notre vie est en fonction d’accepter ou de ne pas accepter cette responsabilité.
Plus les évènements sont énormes, proportionnellement, plus au préalable nous avions de la difficulté à accepter cette responsabilité. La mesure de notre impuissance est toujours proportionnelle à l’absence de la prise en charge de cette prise de responsabilité.
C’est justement l’acceptation ce cette responsabilité qui permet le début du processus d’individualisation.
Si nous regardons autour de nous, nous réalisons que ceux, que nous qualifions d’inconscients, sont très loin de prendre, même l’hombre de cette responsabilité.
C’est justement dans l’acceptation sans condition de cette responsabilité que nous commençons à devenir entier, unilatéral avec le réel, que nous commençons à savourer ce que c’est que d’être réellement libres!
Charles Sabourin © 1998/2008