La croyance
Croire est essentiellement un phénomène d’attachement émotionnel aux formes à travers la polarisation de celle-ci, par l’ego. Ceci, est la prémisse même de ce que subit l’ego qui est sous le joug d’une conscience psychologique qui lui voile la teneur effective de la réalité. Il y à, une énorme différence entre l’être métaconscient, dépolarisé, qui est libre de la croyance, donc du phénomène d’attachement émotionnel à la forme, et l’être qui en est prisonnier.
Demandez à un individu, qui de toutes évidences s’attache aux formes, s’il croit être prisonnier de ses croyances, et il vous répondra qu’il n’en est pas prisonnier. Ceci démontre jusqu’à quel point l’ego est totalement voilé de la réalité à travers son attachement totalement inconscient à la forme. Il ne se croit pas prisonnier parce qu’il ne connaît aucune autre façon de voir la réalité. Croire pour lui est aussi naturel que de respirer. Il n’est conscient d’aucune autre façon de voir la réalité. Il subit son plan de vie à travers l’influence de sa programmation karmique, qui lui dicte exactement ce qu’il doit vivre et comment il doit le vivre. Il est un prisonnier modèle, c’est à dire, qu’il ne conteste à aucun moment, et ne cherche surtout pas à sortir de sa prison. Il va même jusqu’à la défendre jusqu’à épuisement, en ignorant totalement, qu’il en est prisonnier. Il est tellement un détenu exemplaire, qu’il se restreint tout seul, sans contrainte apparente. Parfaitement autonome dans sa prison invisible, il déambule dans la vie, programmé comme un automate par le biais de ses émotions, en pensant qu’il est libre, vivant de toute évidence la parfaite illusion d’avoir un libre arbitre.
N’ayant jamais eu l’expérience d’une liberté réelle, quand elle lui est proposée, il n’y voit et n’y ressent, que le vide que pourrait créer la rupture du statut quo de la conscience polarisée qui l’englobe.
Contrairement à ce qu’il pense, la conscience psychologique qui l’habite ne sera jamais suffisante pour le libérer de ses illusions. L’accès à une métaconscience et l’intégration de celle-ci, est absolument nécessaire pour que l’ego cesse de croire et commence à réellement évoluer.
La prémisse est celle-ci : l’ego doit savoir, qu’il est manipulé, par quoi il est manipulé, comment il est manipulé, et finalement, en arriver à neutraliser ce qui le manipule.
Beaucoup de pain sur la planche, pour le commun des mortels, et… de surcroît, surtout pour un ego qui se croit conscient!
Charles Sabourin