La conscience à temps partiel
Les individus qui ont amorcé un processus de conscientisation dans le passé s’imaginent que cette métaconscience ou supraconscience peut se vivre à temps partiel.
Tout comme l’apprentissage à un instrument de musique ou à une discipline quelconque, l’ego ne peut, s’il est le moindrement sérieux dans sa démarche de se libérer de la programmation qui le chevauche, se permettre de vivre ce processus à temps partiel.
La problématique se situe au niveau de l’approche psychologique vis-à-vis cette nouvelle conscience de la réalité, c’est-à-dire que les individus qui vivent une conscience à temps partiel sont ceux qui contemplent toute cette démarche, souvent malgré eux, en regard d’une accumulation de connaissances, et ou d’un remplaçant spirituel, et non directement au niveau de se libérer de leur programmation.
Autrement dit, ces individus semblent ne pas avoir assez souffert et ou semblent ne pas avoir suffisamment de sensibilité à cette souffrance; cette sensibilité étant absolument nécessaire pour la manifestation d’une volonté réelle de se libérer des griffes de la programmation « astralisée ».
Lorsque l’ego souffre suffisamment de cette programmation et développe finalement une volonté vitale et réelle de s’en sortir, il n’a pas le choix que de lâcher-prise de ce qui le lie émotionnellement à la forme.
L’ego qui vit d’une conscience à temps partiel a, semble t’il, moins de sensibilité à sa propre souffrance. Cette évolution à temps partiel est aussi directement liée à l’acceptation de la souffrance comme étant tout à fait naturelle et faisant partie de la vie de tous les jours.
Les raisons pourquoi l’ego n’est pas suffisamment sensible à cette souffrance sont directement liées au fait qu’il se fait prendre dans le jeu subtil de ses attitudes psychologiques de se mettre au neutre et sa propension « marshmallow » à laisser-faire.
C’est cette spiritualité « marshmallow » qui l’empêche ou qui neutralise la colère contre cette programmation « astralisée » qui pourrait lui servir à neutraliser définitivement ses souffrances. En d’autres mots, l’ego est inhibé à confronter la source de ses souffrances par cette même programmation.
L’ego allie souffrance et conscience. Nul n’a réellement besoin de souffrir pour évoluer. L’ego suffisamment sensible à sa propre souffrance n’a pas nécessairement besoin de vivre l’expérience pour réaliser qu’il va en souffrir. Ce n’est que du point de vue psychologique que la souffrance semble nécessaire, pour peut-être permettre, que l’ego sorte de son coma psychologique polarisé.
Ceci fait partie de la mentalité « marshmallow » généralisée chez les gens en quête de lumière spirituelle qui associent souffrance et conscience supérieure. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une civilisation judéo-chrétienne!
L’ego involutif ne se conscientise qu’à temps partiel; un petit peu ici, un petit peut par là, et il en prend et il en laisse. Il ne s’implique qu’à temps partiel dans son processus d’évolution, car il est trop préoccupé par le train-train quotidien et les problématiques qui l’entraîne fatalement à être mi-mort, mi-vivant.
Charles Sabourin
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