Cette particularité, contrairement à celle de la parole réflective de l’ego encore aux prises avec la crainte de perdre la connaissance occulte qu’il a accumulée, est primordiale pour l’évolution de l’ego qui se dirige vers une conscience supérieure, donc métaconsciente. Sans cette capacité de parole créative, l’ego ne pourrait se libérer du labyrinthe hypnotique créé par la programmation qui le maintient prisonnier de sa conscience involutive.
Le verbe créatif est donc la seule voie qu’il a pour saisir et pour réaliser l’ampleur de la programmation involutive qui, à son insu, travaille constamment contre lui.
Dans tout ce charabia involutif, la croyance soutenue par la crainte est la source primordiale empêchant l’ego d’aller plus loin et de commencer à s’en sortir.
Sa volonté inconsciente de maintenir les formes du statu quo involutif provient de son identification aux ressentis de craintes qu’il perçoit en lui aussitôt qu’il est question de faire un pas dans le vide de l’inconnu, comme s’il ne voulait pas réellement prendre conscience des programmes par lesquels il est constamment arnaqué.
La dichotomie à l’intérieur de son désir de s’en sortir et sa paradoxale affliction de chercher des moyens connus pour s’en libérer représentent la signature indéniable de l’ego involuté.
Pris entre l’écorce et l’arbre, c’est toujours lui qui en fait les frais et qui lui fait toujours dire : « C’est plus fort que moi ». La souffrance qui en résulte est comme une lumière rouge qu’il ne voit pas et qui est créée par le daltonisme chronique que lui inflige la programmation qui l’habite.
Seule l’écoute et la parole créative peuvent le libérer de cette prison de souffrances psychologique et le propulser dans les premiers pas de son évolution. Pour ce faire, il doit avant tout réaliser ce qui se passe réellement en lui et s’autoriser à s’en départir.
La représentation vibratoire qui est le fruit de son détachement émotif à la forme précède et permet toujours la capacité de la parole créative. Contrairement à la pensée psychologique involutive qui est purement descriptive, cette représentation créative est vibratoirement informative.
C’est le développement de cette nouvelle faculté vibratoire qui l’amènera petit à petit à générer sa parole créative supplantant de fait le bavardage psychologique. Toutefois, il devra faire attention de ne pas tomber dans l’attitude psychologique et sauter les étapes en disant n’importe quoi pour se donner l’impression de parler de façon créative. L’ego doit réaliser que cette nouvelle capacité de parole ne lui sera perceptible des l’instant où il aura fait son deuil de son attachement émotif à la forme.
Quand l’ego réalisera qu’il n’a rien à perdre, mis à part les formes auxquelles il s’attachait mordicus, il sera en mesure de faire le saut final dans sa réalité vibratoire et universalisera de fait sa conscience.
À partir du moment où l’ego débute la gestion de son énergie, il commence à consciemment refuser l’expérience qui lui est insufflée par la programmation. Au lieu de subir le plan de vie dicté par la programmation involutive qui le superpose, il interfère en identifiant la source de ce qui l’aveuglait et prend ainsi contrôle de sa destinée.
En attendant, tant et aussi longtemps qu’il ne fera pas ce saut dans l’inconnu, il philosophera et subira le poids du temps créé par sa conscience psychologique polarisée, jusqu’à ce que des évènements dans sa vie le rattrapent et le forcent à réaliser sans équivoque où il se situe réellement.
C’est ici et dans ce temps que se démarquera l’homme ancien de l’homme nouveau!
Bonne nouvelle année 2009 à tous et à toutes!
Charles Sabourin ©